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Depuis quelques années, les programmes télévisés ont vu l’apparition et le développement de hashtags d’émissions, de flashcodes ou de contenus enrichis. La multiplication des écrans est en train de considérablement changer les pratiques d’Internet, du téléphone, de la télévision ou même la manière de travailler. Aujourd’hui, la télé rentre dans la tablette qui rentre dans le smartphone qui rentre dans l’ordinateur.

Entretien avec Catherine Lejealle, spécialiste des usages des TIC. Sociologue diplômée de l’Université Paris V Descartes et titulaire d’un diplôme d’ingénieure de l’ENST Bretagne, elle est professeure de sociologie à SUP’Internet. Elle revient sur ces nouveaux usages.

Qu’est-ce que la « télévision enrichie » ?
La télévision enrichie recouvre en fait plusieurs pratiques. Il y a d’abord l’idée d’interactivité, c’est-à-dire la présence d’un canal retour : le spectateur doit pouvoir interagir sur ce qui est en train de se passer. Une émission radiophonique comme Stop ou Encore (qui existe depuis les années 1970) offre la possibilité à l’auditeur de modifier ce qui va suivre. Transposé à la télévision, cela se traduit souvent par le vote. Cependant, il va avoir un impact relativement négligeable sur le déroulement de la suite du programme : l’élimination d’un candidat est quand même assez déterminée par la production.

Mais il y a surtout la multiplication des supports. Le couple basique sera constitué de la télévision et de la tablette. 60 % des spectateurs du petit écran vont en même temps lire leurs mails, faire une recherche sur Internet, regarder un contenu différent pendant les pages de publicité, voire carrément en parallèle.

D’ailleurs, tous les supports mobiles ont induit des usages en parallèle d’autre chose. Avant la large diffusion de ces supports nomades et individuels, on faisait les choses en immersion. On regardait la télé, on téléphonait, on jouait à un jeu de société : on exerçait une activité séparée « dans le temps et dans l’espace », pour reprendre la définition de Roger Caillois, sociologue des jeux. La nouveauté, c’est qu’on est dans des pratiques en multi-activité (ou multitasking).

Qu’est-ce que cette multi-activité implique dans notre vie en société ?
Elle a plusieurs conséquences. Tout d’abord, l’attention est moins focalisée. De ce fait, les normes de politesse évoluent : l’interlocuteur qui a les yeux rivés sur un écran ne vous écoute plus qu’à moitié. Pour l’usager lui-même, ce multitasking va induire une surcharge cognitive. Le cerveau a ses limites. Aux Etats-Unis, le double-écran sur le même bureau se développe largement et n’est plus réservé aux traders. Au travail, on va avoir les yeux sur son écran tout en étant au téléphone et en répondant par des signes de tête à un collègue à proximité.

Dans la sphère privée, la multi-activité est un choix. Dans la sphère professionnelle, cette introduction massive des TIC a généré ces problèmes de « défocalisation », d’interruption permanente et de fragmentation de l’activité. Il peut y avoir une perte de sens de ce qu’on fait et on accordera la priorité à l’urgence qui arrive au détriment des dossiers qui demandent de s’immerger un temps long.

Les études scientifiques commencent à rendre compte que l’on est dans un multitasking limité : nous n’avons pas les capacités cérébrales nécessaires pour traiter toutes ces informations. Cela induit des burnouts, des surcharges, qui sont médicalement identifiés. Or, les messages, les sollicitations sont en croissance exponentielle, puisqu’ils sont omniprésents, de la poche du pantalon au quai de transport en commun. Malgré les préconisations médicales, on se laisse entraîner par tous ces écrans, parce que ce multitasking est grisant. Il donne l’impression d’être plus présent au monde.

L’omniprésence des images animées est assez récente. Peut-on penser que dans quelques générations, ça sera devenu tellement commun que le public n’y prêtera plus attention ?
Les écrans vont continuer à se multiplier mais les choses doivent devenir plus utilitaires. Aujourd’hui, le flot d’informations que nous recevons ne nous est pas fondamentalement destiné et ne nous est pas forcément utile. D’une certaine manière, ces informations nous fatiguent, puisque l’on y prête attention alors que leur message ne nous concerne pas.

Au contraire, en Corée du Sud ou au Japon, il existe des murs, dans les espaces publics, sur lesquels les passants peuvent commander des produits qui leurs seront livrés à domicile. Il s’agit ici de temps utilitaire. Ce flot d’information immense et important, mais peu personnalisé, est amené à évoluer vers des contenus plus précis, plus ciblés et moins fatigants.

Comment les étudiants de SUP’Internet sont-ils formés pour résoudre ce type de problèmes ?
Les étudiants de SUP’Internet sont experts en numérique. Ils ont une formation alliant étude du comportement, du design, de l’ergonomie, et surtout de la technique. C’est vraiment une formation au cours de laquelle les étudiants sont d’abord sensibilisés aux besoins de l’usager, du consommateur, puis à la technique. Ils sont les plus à même à répondre à ces nouvelles problématiques liées à l’utilisation d’Internet et des écrans en général.

En comparaison, la télévision et la radio ont mis des décennies avant de toucher un nombre significatif de spectateurs, là où Internet a eu une audience mondiale en un temps très court. L’information circule toujours plus vite et plus loin. Les usagers doivent pouvoir faire le tri entre l’utile et le futile. Les étudiants de SUP’Internet peuvent concevoir les outils qui permettront de faire ce tri.

La thématique de la mobilité de TIC et de ses usages est au cœur de la recherche de Catherine Lejealle, comme le montre ses dernières publications La télévision mobile personnelle : usages, contenus et nomadisme et Les usages du jeu sur le téléphone portable : une mobilisation dynamique des formes de sociabilité, édités chez L’Harmattan.

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