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Sébastien Liébus est le créateur du Gorafi, ce site satirique qui, depuis 2012, pointe brillamment l’absurdité du monde et des médias. Invité de SUP’Internet le 6 novembre pour la première Master Class de la saison, cet homme d’ordinaire discret a expliqué aux étudiants comment s’est construit ce cousin français de The Onion et a partagé sa vision de la satire sur le Net.

<iframe width="645" height="363" src="https://www.youtube.com/embed/ll24Q1V2JzI?rel=0&amp;showinfo=0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe><h3>Oignon et os à moelle comme ingrédients principaux</h3>

Si Le Gorafi a réellement vu le jour en 2012, l’idée germait dans l’esprit de Sébastien Liébus depuis un certain temps. En 2004, l’intervenant avouait déjà créer de fausses dépêches pour son propre plaisir, en jouant sur « la musicalité » des articles d’agences de presse comme l’AFP ou Reuters. En 2008, à l’occasion d’un voyage aux Etats-Unis, il découvrait The Onion, une parodie « géniale » des codes utilisés par le New York Times et le Washington Post. Pour autant, n’allez pas dire à Sébastien que l’art de la satire a été inventé par l’onion américain : il vous répondra qu’avant cela, il y avait par exemple Infos du Monde dans les années 90, « une parodie des tabloïds », mais surtout Pierre Dac, créateur du journal humoristique L’Os à moelle qui, à grand renfort de faux articles tordants (et osés) sur le IIIe Reich, lui a valu de figurer sur « la liste des dix personnes à déporter en priorité » établie par les Nazis dès l’occupation. À en croire l’invité de cette Master Class, Le Gorafi n’a donc fait que repopulariser une tradition bien ancrée dans notre Histoire et n’a pas non plus « inventé la roue », citant d’autres sites francophones plus anciens comme desinformations.com ou L’Examineur, le site créé par Frédéric Royer de la bande des Gérard. Pour arriver à cela, il a fallu beaucoup de travail et de sérieux. En effet, pour Sébastien Liébus, on ne rigole pas avec l’humour (« la satire est universelle et doit être là pour revaloriser les gens qui sont oppressés, pas l’oppresseur »). C’est d’ailleurs grâce à cette exigence que le Gorafi connaît un tel succès.

<h3>« La satire est une arme »</h3>

Avant que le Gorafi ne soit ce qu’il est aujourd’hui en attirant près de 3 millions de visiteurs par mois, Sébastien Liébus a longtemps cherché la bonne formule pour « se moquer de l’information » tout en sachant que « la satire est une arme ». C’est en 2012, à l’approche de l’élection présidentielle, que tout va commencer à prendre forme : Sébastien parodie un journaliste conservateur sur Twitter deux jours durant, puis débute en avril la rédaction d’articles parodiques – d’abord sur Facebook puis sur un blog créé pour l’occasion. En septembre, la marque Gorafi est déposée, le site voit le jour et affiche son ambition : devenir le « journal d’un monde parallèle ». Rejoint rapidement par Pablo Mira, Sébastien Liébus met en place les bases d’une ligne éditoriale bien réelle pour un site où les informations ne le sont pas. Les deux associés décident alors de traiter « l’absurdité du quotidien ». « On regarde ce qu’il se passe en face de nous et on se met ensuite à la place d’un journaliste stupide qui ne comprendrait pas le sujet et écrirait pour des gens qu’il juge stupides, détaille Sébastien, pas avare de critiques vis-à-vis de la presse traditionnelle. La presse « normale » se met à copier la presse satirique qui plaît sur les réseaux sociaux et, du coup, le public peut ne plus faire la différence entre les deux ! Le niveau de stupidité du Gorafi est toujours fluctuant mais, contrairement à la presse normale, il reste dans un univers bien à lui : nous détournons l’information mais utilisons un imaginaire qui nous est propre. Au final, comme les gens ne donnent par leur confiance au Gorafi, on ne peut pas la perdre, contrairement à la presse normale. »

<h3>Pas beaucoup de place à l’improvisation</h3>

Travailler pour le Gorafi demande une réelle rigueur et un gros travail de réflexion. « Quand on est un faux site d’actu, il faut blinder à fond la forme, ne va pas vendre la vanne et donner l’impression d’être sur un vrai site d’infos », insiste l’intervenant qui, s’il souligne l’importance de la forme, n’en oublie pas le principal : le fond. Ainsi, rien n’est laissé au hasard par le binôme Pablo-Sébastien et son équipe composée aujourd’hui d’une dizaine de personnes. Revues de presse quotidiennes, brainstormings (« 70 idées par semaine pour seulement 15 idées développées et 2-3 articles par jour »), listing des vannes faciles à ne pas faire, préparation à l’avance des live-tweets prévus… la technique du Gorafi est au point et respecte une poignée de règles essentielles. « Nous faisons des articles sur des évidences, des choses que tout le monde a en tête, mais toujours avec de fausses infos, précise Sébastien. Il y a beaucoup de sites qui se lancent avec une ligne éditoriale complétement floue, où de vraies et des fausses informations se côtoient… Nous, nous n’avons jamais eu de problème ni de dépôt de plaintes, car on ment aux gens mais on ne ment pas sur la manière dont on présente la chose. Mettre des vraies infos au milieu casserait l’univers qu’on a construit. » Pour toujours surprendre son lectorat, l’équipe du site se creuse donc la tête, ne se fixe « aucun interdit » et se doit d’avoir « du répondant ». En témoignent ses articles issus de conférence express de rédaction après l’accident ferroviaire de Brétigny-sur-Orge, la mort de Mandela ou encore l’attentat du marathon de Boston. Des sujets pouvant parfois être sensibles. « Il faut éviter de penser aux victimes mais bien à l’impact de l’info et son traitement par les médias, affirme Sébastien. On rit avec, on ne rit pas de, c’est-à-dire qu’on accompagne la douleur par le rire, on allège l’atmosphère. Ce qu’on fait, c’est juste des bêtises sur Internet. »

<h3>« Quand on créé un univers comme le Gorafi, on ne se met pas en avant : la star, c’est le site »</h3>

Auréolé d’un joli succès uniquement « grâce au bouche-à-oreille », le site satirique de Pablo et Sébastien vit pour et grâce à sa communauté de fans grandissante (près de 480 000 fans sur Facebook). « Quand on créé un univers comme le Gorafi, on ne se met pas en avant : la star, c’est le site, estime l’invité, habitué à préférer l’ombre à la lumière pour mieux mettre en avant le travail accompli. Nos lecteurs ont compris nos codes et jouent avec. » Pour cela, le site laisse une grande liberté aux commentaires de ses articles (« on modère les com’ en supprimant juste les insultes mais on ne prend pas part à la conversation ») et développe sa propre mythologie, comme quand il met en avant Jean-François Buissière, président du directoire de Gorafi News Network. « On a créé des jouets pour que les gens s’amusent et interagissent avec, juge l’intervenant, heureux de voir que de nombreux clones de son site naître ici et là sur la toile. C’est cool et même sain de voir que les gens se réapproprient la satire, surtout au Maroc en Tunisie et dans des pays où la liberté de la presse est malmenée : il faut du cran pour faire ça ». Autant dire que l’aventure Gorafi n’est pas prête de s’arrêter : le site publie ainsi le second volume de L’année du Gorafi (aux éditions Denoël), poursuit sa chronique au Grand Journal de Canal Plus et continue de réfléchir à de nouvelles déclinaisons de son humour apprécié. Avec bientôt des reportages vidéo ? « Peut-être, mais il faut qu’ils soient carrés, assure Sébastien. On ne veut pas brûler les étapes. » La rigueur et le sérieux, encore et toujours.

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